1975 : D'UNE GUERRE À L'AUTRE

 

L’année 1975 représente une date charnière dans l’histoire des relations internationales et des tensions moyen-orientales.

En effet, la chute de Saigon le 30 avril 1975, 13 jours après celle de Phnom Penh, marque la fin d’un conflit majeur du XXème siècle, la guerre du Vietnam. Cette lutte fratricide de 10 ans a été pour les Vietnamiens une guerre civile, déchirant la nation entre deux camps : le nord Vietnam appuyé par l’ensemble du bloc communiste et le sud Vietnam allié aux Etats-Unis. Pour le monde, elle est devenue le symbole d’une nouvelle phase de la Guerre Froide. Pour une génération, c’est devenu le terrain d’expression d’une contre-culture foisonnante dont tous les arts se feront l’écho.
Les USA, enlisés dans ce bourbier depuis le milieu des années 60, sortent humiliés et divisés. Le peuple américain est sous le choc et Hollywood, toujours prompt à sonder sa propre histoire, en propose un inégal mais riche témoignage. WOS a décidé de revenir sur la fin du conflit à travers deux films qui ont marqués l’histoire des représentations de la guerre du Vietnam. La Déchirure de Roland Joffé et Entre Ciel et Terre de Oliver Stone (qui clôt ici sa trilogie sur le sujet après « Platoon » et « Né un 4 juillet ») proposent des lectures nuancées du conflit et s’intéressent au sort et aux traumatismes qu’ont vécu les vietnamiens, souvent absents ou dénigrés par une majorité de film traitant du sujet.

1975 marque aussi la naissance d’une autre guerre, celle du Liban. En miroir du Vietnam, la guerre du Liban est une guerre civile (entre chrétiens et musulmans) ponctuée d’interventions étrangères. Conflit long et complexe, il a fait l’objet d’une importante exégèse cinématographique par des cinéastes libanais ou étrangers. A partir de 1975, Beyrouth, autrefois surnommée la Suisse du Moyen-Orient, devient l’épicentre du conflit et l’espace de représentations de ces cinéastes.
Nahla  de Farouk Beloufa et West Beyrouth (À l’abri les enfants) de Ziad Doueri, se penchent sur les débuts du conflit et permettent de mieux en comprendre les enjeux à travers la réalité beyrouthine de l’époque. Ces deux films qui narrent les histoires d’un journaliste algérien et d’un jeune cinéaste libanais s’inscrivent dans une période cruciale, partagée entre chaos général et profond désir d’émancipation politique.

4 films donc et autant de plongées dans une année 75 chaotique et charnière que le cinéma permet d’appréhender autrement.

Hervé Bougon 


LES FILMS


NAHLA (1979), Farouk Beloufa - Algérie/France

LA DÉCHIRURE (1985), Roland Joffé - Royaume-Uni

ENTRE CIEL ET TERRE (1993), Oliver Stone - États-Unis/France

WEST BEYROUTH (À L'ABRI LES ENFANTS !) (1998), Ziad Doueiri - France/Novège/Liban/Belgique

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